Définition:
Il existe un grand nombre de pratiques astrologiques différentes, mais certaines constantes se dégagent :
L'astrologie est l'étude des relations entre les affaires terrestres et:
la position des planètes, des luminaires (Soleil et Lune), des comètes et des astéroïdes (depuis leur découverte au XIXe siècle)
- sur (ou autour de) l'écliptique, un indicateur de leur trajectoire apparente dans le ciel, et/ou sur l'arrière-plan des étoiles et/ou des constellations, zodiacales et/ou autres.
- par rapport aux autres (planètes, luminaires, etc.), en prêtant une attention particulière aux angles formés (les aspects : conjonction (0°) et opposition (180°), angles divers (carrés ((90°), trigones (120°), quintiles (72°, un cinquième de cercle) depuis Kepler, etc.)
- par rapport à l'horizon, au zénith et au nadir.
les cycles de ces corps célestes et de certains axes (axe des éclipses, axes des équinoxes et des solstices, essentiellement6) en tant
- qu'ères dites astrologiques (s'étendant sur des millénaires)
- que cycles régulateurs de la vie sur terre (cycles du Soleil, de la Lune mais aussi de Mars (presque deux ans), Jupiter (12 ans), Saturne (29 ans) et des autres planètes)
- que systèmes doubles ou triples, à l'image du cycle soli-lunaire, marquant des périodes plus ou moins longues (cycle Jupiter-Saturne7 dit de la Grande conjonction8 de 20 ans, traditionellement associé au passage des décennies; cycle Uranus-Neptune : 170 ans; Neptune-Pluton : 495 ans)9.
Origine de l'Astrologie:
Pour l'observateur contemporain comme pour son ancêtre paléolithique, le ciel nocturne est un motif d'émerveillement. La Voie Lactée a été vue dans la plupart des cultures comme une sorte d'élément fluide primordial (Voir Interprétations mythologiques de la Voie lactée). Sur un plan astronomique, nous « venons » effectivement de ce grand ensemble -- c'est notre galaxie.
Ce n'est que bien plus tard dans l'histoire, avec Aristote, qu'allait être introduite la spéculation que la Voie lactée n'était qu'un phénomène atmosphérique infralunaire, croyance qui allait perdurer jusqu'au Moyen Âge.
Les astérismes sont reconnaissables par l'astronome moderne comme pour l'observateur paléolithique parce qu'ils présentent des régularités, que l'on nomme gestalts. La façon dont les observateurs perçoivent, de façon reproductible et prévisible, les constellations est un exemple paradigmatique dans la théorie de la perception gestaltiste.
Cependant, ce spectacle nocturne est remarquablement immuable. Si l'on excepte les occasionnelles météorites, seules les planètes (et bien entendu la lune) se meuvent dans le ciel nocturne, sur ce qui semble être un chemin : l'écliptique. Ce sont ces processions, perçues comme irrégulières, et ces occasionnelles conjonctions qui sont les bases empiriques des théories astrologiques. Mercure et Vénus, qui sont plus proches du Soleil que la Terre l'est, semblent accompagner le Soleil, se trouvant tantôt « devant », tantôt « derrière » celui-ci (sur le chemin de l'écliptique), ce qui donnera lieu à des explications animistes.
La Lune, Mercure et Vénus presque en conjonction. Les planètes du système solaire et la Lune se déplacent sur ce qui semble être un chemin invisible, l'écliptique.
Selon certaines analyses, l'astrologie serait née du constat de relations entre des phénomènes terrestres et ces mouvements apparents (comme les saisons ou la conjonction entre la position de la Lune et du soleil et les marées) conduisant l'homme à créer un lien de cause à effet entre eux et parfois à diviniser les corps célestes . Dès lors, un travail d'observation (calcul des éphémérides, production de calendriers) aurait été mené de front avec un travail distinct d'interprétation d'abord à partir du soleil et de la lune seulement ("Luminaires") puis à partir de l'ensemble connu des corps célestes du système solaire.
L'idée d'une correspondance symbolique entre la configuration céleste et les affaires du monde a progressivement conduit à la construction d'un symbolisme astrologique.
Cette correspondance n'est d'ailleurs pas toujours analysée comme une influence des astres sur les affaires du monde (par laquelle l'humain ou les circonstances seraient déterminés par la position des astres, l'interprétation la plus populaire de l'astrologie), mais comme un miroir céleste des affaires du monde, qui ne l'influence pas mais le reflète, une lecture de la vie offerte aux hommes par les forces de la nature.
Les différents niveaux d'interprétat
Son support étant les astres, l'astrologie est l'une des pratiques divinatoires particulièrement répandues dans l'histoire des cultures. On peut ainsi citer l'existence spécifique d'astrologies maya, arabe, égyptienne, chinoise, indienne et bien sûr occidentale (dont il est principalement question dans cet article).
L'Astrologie dans l'Antiquité Orientale:
Les premiers écrits connus concernant les astres remontent à 5000 ans, sous la forme de tablettes d'argile sur lesquelles ont été consignés tous les relevés des mouvements planétaires observés par des prêtres érudits de Mésopotamie12. Ces observations étaient faites dans un cadre religieux13. Le mouvement des astres étant perçu comme volonté divine, les prêtres ou astrologues servaient de traducteurs. Leurs connaissances étaient celles d'initiés, les enseignements des temples étant tenus secrets14. L'astrologie fut longtemps le privilège des seuls souverains. Cela peut être considéré comme l'origine de l'astronomie. Toutefois, les plus vieux horoscopes 15 connus proviennent de Babylone et datent de 410 av. J.-C16. Selon Jean-Pierre Nicola 17, les premiers thèmes astraux individuels sont apparus lors de ce Ve siècle av. J.-C., avec une référence à douze signes. Ces douze signes sont énumérés dans un texte cunéiforme datant de 419 av. J.-C.; il s'agissait alors d'un zodiaque sidéral (correspondant aux constellations du zodiaque)18.
Parallèlement à cette astrologie, des systèmes différents se forment en Chine, en Amérique précolombienne et sans doute dans d'autres civilisations. Mais l'astrologie chinoise et l'astrologie chaldéenne sont les seuls systèmes ayant perduré jusqu'à nos jours. Tous les systèmes d'astrologie actuellement connus dérivent d'un de ces deux systèmes (ou des deux, cas de l'astrologie tibétaine).
L'Astrologie dans l'Antiquité Greco-Romaine:
De Chaldée, l'astronomie-astrologie se répand en Grèce après les conquêtes d'Alexandre le Grand19. De là, elle se diffusera dans tout l'empire grec, en Inde, en Égypte puis jusqu'à la Rome antique tout en devenant plus structurée, moins religieuse et donc plus populaire. En Grèce, Hippocrate et Galien (à l'exemple, sans doute, des prêtres égyptiens) feront de l'astrologie l'un des fondements de la médecine, associée à la théorie des quatre éléments qui existait déjà auparavant20. Platon tient les astres pour « vivants divins et éternels », des « dieux visibles » (Timée, 39e-40d).
Dans son Histoire de l'astrologie21, Wilhelm Knappich a écrit: « Sous l'influence des philosophes et des mathématiciens grecs, la divination babylonienne qui avait jusque-là un caractère général (N.B.: il veut dire collectif) devint l'astrologie individuelle hellénistique, création étrange se situant entre la religion astrale et la science, entre la spéculation métaphysique et l'expérience objective. Elle est parvenue jusqu'à nous avec ses contradictions et ses énigmes. »
La première synthèse magistrale de l'astrologie occidentale, le Tetrabiblos, fut écrite par l'alexandrin Ptolémée à l'époque de la domination romaine en 140 ap. J.C., posant les principes de ce qui va devenir l'astrologie moderne. Ce dernier a laïcisé l'astrologie héllénistique, ne faisant pas référence aux dieux grecs dans son exposé théorique, ce qui a permis sa large diffusion dans les mondes arabe et chrétien du moyen-âge22. Compilateur plutôt que praticien, à la différence de Vettius Valens, Ptolémée a cherché à bâtir un modèle rationnel pour l'astrologie basé sur la doctrine aristotélicienne causaliste23 et il a écarté les éléments qui le gênaient24. En particulier, les maisons astrologiques se voient attribuer une faible importance dans le Tetrabiblos25 alors que Vettius Valens, qui est jugé plus représentatif des pratiques horoscopiques de cette époque, leur a accordé une grande place dans son œuvre26.
Successeur d'Hipparque, qui a découvert la valeur de la précession des équinoxes27, Ptolémée a remplacé le zodiaque sidéral, qui prenait pour point de repère une étoile fixe28, par le zodiaque tropical commençant au point vernal. D'autres l'avaient précédé dans cette démarche, mais c'est l'autorité de Ptolémée qui fit vraiment école29.
L'Astrologie Arabe:
En l'an 529, l'empereur Justinien fit fermer les écoles de philosophie d'Athènes. Les érudits de l'époque, les maîtres du néo-platonisme, se réfugièrent à Gundishapur chez les Sassanides en Perse. L'astronomie, la médecine, la philosophie, etc. se développèrent intensément dans cette académie de Gundishapur où confluèrent des érudits de tous bords. Les conquêtes musulmanes s'emparèrent de Gundishapur qui avait une grande réputation. Cette école de Gundishapur eut une grande influence sur le développement de la civilisation arabo-musulmane. À la demande des califes, les auteurs de l'Antiquité, notamment Aristote furent traduits en arabe, souvent depuis le persan ou le syriaque. Vers 850, Alkindi (c'est-à-dire Ya' kûb ibn Isâk Sabbâh al Kindi), originaire de Bassorah, traduisit de nombreux textes en arabe, dont ceux d'Aristote, mais il écrivit aussi plus de 200 traités sur tous les sujets possibles, dont l'astronomie, qui à l'époque ne se distinguait pas de l'astrologie. Une de ses contributions la plus importante fut sa doctrine des conjonctions entre les planètes et leur influence sur les phénomènes naturels et sur les impulsions donnant naissance aux grands événements historiques. Son disciple, Albumasar (mort en 886) fut un astrologue de Bagdad qui propagea les idées d'Alkindi dans son « Liber magnarum coniunctionum » lequel eut une forte influence sur l'astrologie du Moyen Âge. Un autre astrologue important fut Thébit (mort en 901). Il était Sabéen, originaire d'Harran, où il recueillit les connaissances astrologiques mésopotamiennes qui vinrent enrichir les connaissances arabo-musulmanes. Il vécut à Bagdad et devint l'astrologue du calife d'Antioche. Il enseignait notamment que chaque planète possédait un daemon, c'est-à-dire un esprit ou une intelligence qui la guidait. L'astrologie arabe s'est tout spécialement développée grâce à l'afflux des érudits perses, syriens, juifs, etc. qui à partir de 850 affluèrent vers les nouveaux centres intellectuels créés par les califes de l'islam. Le Juif Mashallah par exemple vécut à la cour d'Al Mansur. Il fut l'auteur d'une vingtaine de traités d'astrologie30.
Suite à l'occupation de l'Espagne par les Maures, l'astrologie revint en force dans la civilisation européenne au Moyen Âge30.
Pratique actuelles de l'Astrologie:
L'astrologie recouvre au début du XXIe siècle des pratiques et des approches très différentes, au point qu'il est plus juste de parler d'astrologies au pluriel.
Il existe de nombreuses écoles : astrologie psychologique, astrologie conditionaliste, astrologie karmique, astrologie humaniste, etc..
Ces pratiques astrologiques diffèrent à la fois par leurs symboliques, par les techniques utilisées, et selon les objets ou domaines auxquels elles sont appliquées, que ce soit par exemple en psychologie, ou comme technique de prévision, en politique, en bourse, en médecine. La symbolique des astres et de leurs mouvements est très souple, pouvant changer suivant le contexte et l'école de l'astrologue. Chaque objet a des symboliques propres et parfois des techniques particulières.
Les astrologies les plus en vogue actuellement en occident sont l'astrologie occidentale, fondée sur le calendrier solaire, et l'astrologie chinoise, fondée sur le calendrier chinois. Cette dernière s'est répandue en Europe occidentale vers la fin des années 1970[réf. nécessaire].
Si sa pratique de base reste l'établissement d'une carte du ciel, l'astrologie occidentale est en constante évolution, ce qui induit un certain nombre de divergences entre astrologues. Ces divergences existaient dès l'époque traditionnelle, portant entre autres sur les différentes méthodes pour le calcul des positions des maisons, et renvoyant surtout à différentes écoles d'interprétation.